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Orange était la Mort - Commander le roman
Orange était la Mort (extrait) - Chapitre 1

 

1

 

Mexique, région d’Oaxaca.

Samedi 4 octobre 2008, 23 h 20.

 

La ferme s’étendait à ses pieds, en contrebas. Nick Calmen se dit que le sort était injuste, que la chance ne l’atteindrait jamais. Il avait été choisi pour cette mission, bêtement piégé par la paille la plus courte, tout comme par le passé dans la cour de l’école. Mais, auparavant, il lui arrivait d’être chanceux.

« C’est certain que les dieux ont changé de camp », lâcha-t-il à haute voix.

Nick Calmen poussa un soupir et descendit de son pick-up noir. Le ciel menaçait.

« Il ne manque plus que la pluie », grommela-t-il.

Il saisit d’un geste sûr son sac et l’extirpa sans douceur de la benne du véhicule.

« Zut, maugréa-t-il, pas le moment de faire des impairs, la dynamite n’aime pas les chocs. »

Tout respirait la tranquillité. Le bruit du vent dans les hautes herbes le rassurait.

« Avec cette météo maussade, personne ne devrait venir me perturber dans mon job », se persuada-t-il.

Il se demanda pourtant comment il agirait s’il était dérangé. « Ne pas se faire repérer, exécuter la mission à l’heure exacte ». Les recommandations étaient claires. Il devait poser ses charges à l’heure à laquelle ses ordres le lui imposaient, sans se faire remarquer. Quitte à éliminer l’intrus avec le couteau qu’il détenait en poche, la lame repliée dans le manche en bois. Il espérait qu’il n’en viendrait pas là, au plus profond de lui-même.

Nick Calmen ne souffrait d’aucun état d’âme, d’aucune rancœur. Il faisait partie de ces déshérités laissés pour compte dans le quartier de Chalco, une fraction sordide du bidonville de Mexico. Son père, un comptable américain disparu sans laisser de traces, demeurait un inconnu. Sa mère, une douce mama mexicaine, avait tenté d’élever ses quatre enfants dans la foi chrétienne. Entreprise vouée à l’échec dans ce climat glauque de corruption et de renoncement.

En peu de temps, Nick rejoignit un groupuscule qui lui montra comment donner de l’importance à sa vie. Tout au moins le crut-il, car aujourd’hui arriva vite. Si vite qu’il se demandait ce qu’il fichait avec ces explosifs sur le dos, seul en face de cette ferme qui le narguait, tache noire dans un avenir déjà sombre.

 

La mama avait attribué à Nick ce prénom américain en hommage à son père, omniprésent dans le giron familial, même si la pauvre femme dut déchanter. Son concubin rentra au pays — Dieu sait pour quelle raison — et il ne donna plus jamais signe de vie. La mère de Nick avait bien tenté de vaines recherches, mais rien n’y changea. Le géniteur s’était envolé et Nick en fut très affecté lorsqu’il se trouva en âge de raisonner. Il ne s’épanchait guère et en avait gros sur le cœur. Il aurait voulu connaître un père brave et fort, il aurait apprécié une complicité entre eux deux, il aurait accepté tant de contraintes, mais pas toutes ces années de scolarité forcée. Il se serait bien passé de toutes ces privations et de toutes ces nuits à zoner dans la banlieue de Mexico à la recherche d’argent facile.

La mère de Nick, lasse d’attendre le retour improbable du promis, rencontra un « brave homme », l’épousa et éleva trois autres enfants, Pablo, Augusto et Marta. Elle ne fut guère plus chanceuse, car son mari fut tué lors de la construction d’une ligne électrique. Il fixait les câbles, debout sur une nacelle, lorsqu’il chuta de plusieurs mètres. De mauvaises langues racontent qu’il était ivre et qu’il ne possédait pas tous ses moyens. Par chance, la prime d’assurance fut versée à la veuve. La famille disposait tout juste de quoi se nourrir.

Nick Calmen écarta les hautes herbes d’un revers de la main, vida ses pensées de tout souvenir et s’attela à réaliser l’objet de sa mission. La ferme et ses bâtiments. La voilà, cette ferme qu’il fallait détruire, toute proche. Il se glissa en douceur jusqu’à la bâtisse principale.

« Même pas un chien pour réveiller l’entourage », pensa-t-il.

 D’instinct, il actionna la clenche de la porte de service. Celle-ci ne résista pas. Il avait répété de multiples fois ces gestes lors de son entraînement et il était prévu qu’elle serait ouverte. Il se glissa le long du mur en parpaings et reconnut l’endroit qu’il cherchait : la réserve à céréales. Celle-ci dépassait du toit, gigantesque séchoir qui contenait tous les épis de maïs. Avec toute cette poussière de végétaux et ce nuage d’insecticide, l’explosion sera parfaite, se murmura-t-il à lui-même. Il récita une dernière fois les ordres à voix très basse :

« Repérer la ferme. Y pénétrer par l’entrée de service, la porte sera ouverte. Se rendre à la salle de stockage. À vingt-trois heures quarante-cinq, déposer le sac. Surveiller les environs sans bruit. À minuit, sortir, la charge est réglée pour exploser à minuit vingt. Regagner le véhicule. Quitter sans précipitation la zone sensible. À aucun moment, n’ouvrir le sac, TROP DANGEREUX. Suivre cette consigne stricte : à aucun moment, n’ouvrir le sac, TROP DANGEREUX ».

Cette ultime recommandation sonna faux à ses oreilles. Il fut tenté d’ouvrir ce fichu sac, néanmoins il se remémora les derniers mots de ses formateurs : « TROP DANGEREUX ».

 Il consulta sa montre-bracelet : vingt-trois heures quarante-six. Encore quatorze minutes à attendre. Mû par une envie irrésistible, il regarda tout de même dans le sac en priant pour que son geste ne lui portât pas préjudice. Il vit un mécanisme de mise à feu et une lueur rouge qu’il situa comme un indicateur lumineux.

« Le décompte du temps avant l’explosion », pensa-t-il.

Puis il lut avec effroi le tableau de bord :

« 57… 56… 55… Madre de Dios ! cria-t-il. Mais que… Madre de Dios, ce sont des secondes ! Ça va bientôt péter ! Vite, il faut que je déguerpisse… j’ai tout juste le temps de déguerpir. Non, désamorcer… Madre de Dios, faites que… »

Il coupa les fils du détonateur avec son couteau et se retrouva dans le noir total. La lueur rouge meurtrière avait disparu.

Il attendit et attendit encore. Dix minutes plus tard, Nick se trouvait toujours à l’intérieur, abasourdi par ce qui venait de se passer. Il n’avait pas bougé d’un pouce et tenait dans sa main les câbles du mécanisme de mise à feu. Il n’osait pas se déplacer, de peur de réactiver le minuteur. Sans perdre une seconde, il tria les idées qui lui traversaient le cerveau. Il choisit sans hésiter de décamper. Il saisit le sac à dos en prenant soin de tenir les deux fils éloignés l’un de l’autre. Il marcha doucement, trimbalant sa charge à hauteur des jambes, ne pouvant pas accomplir de grands pas, aussi le temps lui parut une éternité. Enfin, il arriva à l’air libre. Il continua sa marche cahoteuse jusqu’à son véhicule. À la lumière du plafonnier, il regarda de plus près le mécanisme de mort. Les deux extrémités des fils étaient enfichées dans des cosses de laiton. Il les dévissa et libéra les morceaux des câbles rompus qu’il jeta au loin. Tout danger de mise à feu accidentelle était écarté. Il posa le sac à côté de lui et démarra en trombe.

« Téléphoner à Pablo, murmura-t-il. Lui aussi pose une charge. Zut, pensa-t-il soudain, il y a une heure de décalage horaire avec le Pérou. Là-bas, on est en avance d’une heure... aïe ! Peut-être est-il encore temps ? »

Nick saisit son téléphone cellulaire d’une main et composa le numéro qu’il connaissait par cœur. Au bout d’une sonnerie, le répondeur du correspondant se fit entendre. Nick raccrocha et posa l’appareil sur le siège passager. Il soupira et se concentra à nouveau sur les événements passés. La route se voulait longue jusqu’à Mexico...

 

Nick revit les moments de sa prime jeunesse, lorsque son parrain, un Mexicain peureux et mal assuré, l’avait dirigé vers le groupuscule auquel il avait adhéré presque immédiatement. Comment s’appelait-il, cet individu mystérieux et faux au teint diaphane ? Manuel Maguès, oui, il s’agissait bien de son nom. Qu’est-il devenu ? Mort dans un fossé, un couteau entre les omoplates ? Fort probable, parce que cet homme vivait sur une corde raide. Il avait déjà tué beaucoup de types, pourtant les jeunes du quartier le vénéraient pour son expérience de truand. Il semblait à Nick que Maguès faisait partie de la famille, du côté de sa mère, cependant il ne l’aurait pas juré. En tout cas, ce marginal l’avait recommandé à l’Alliance Hadès, Nick s’en souvenait encore. Cela se passa un soir, une nuit de forte chaleur et de désœuvrement comme toutes les autres. Maguès lui suggéra en ces mots :

« Nick, ça te plairait d’accomplir autre chose dans ta vie que de voler des voitures de “merde” et d’autres objets dépourvus d’intérêt ? Exécuter un boulot qui corresponde à ta vraie valeur et joliment rémunéré ?

— De quoi parles-tu ?

— Si tu acceptes, je vais te présenter un type. Tu verras, tu seras impressionné. Alors, tu acceptes ?

— O. K., Manuel, O. K. Mais pas d’embrouille, je n’ai pas envie de finir mes jours en taule, en costume beige de bagnard !

— Pas de souci, Nick. Pas toi, laisse cela aux autres. Alors, c’est oui ?

— O. K. Quand ?

— Tout à l’heure, vers minuit, je viendrai te chercher ici, au Paradise. T’es O. K. ?

— O. K. Manuel. À minuit ici, c’est O. K., j’y serai toujours. »

 

Nick avala quatre verres supplémentaires de tequila en attendant l’heure du rendez-vous promis. Les vapeurs d’alcool transperçaient son esprit, lui qui buvait très peu, la chaleur et la fumée s’additionnant à la volupté du lieu. Dans le fond de la salle, une grosse fille à demi nue se trémoussait contre des consommateurs ivres et sales qui jouaient de leurs mains expertes. Mexico et ses bas-fonds rendaient là toute leur laideur.

À minuit pile, Maguès refit son apparition, un large sourire aux lèvres.

« T’es attendu, Nick. J’ai arrangé le coup, tu viens avec moi, toutefois tu ne parles que si on t’interroge, c’est compris ?

— Compris. Où va-t-on ?

— Ne t’inquiète pas, tu verras de tes yeux. »

Ils se rendirent à pied dans une maison guère distante du bar, empruntant des ruelles à peine éclairées où l’on pouvait voir des couples enlacés, des ombres ivres tituber.

Dans l’unique pièce au sol en terre battue, un groupe d’une dizaine d’hommes formait un cercle.

« Mets-toi au centre du cercle, ordonna l’un d’eux, un grand gaillard musclé en treillis de camouflage dont Nick ne parvenait pas à voir le visage, plongé dans le noir total. »

Nick s’exécuta.

« Nomme-toi !

— Je suis Nick Calmen et j’aimerais rejoindre votre équipe.

— Que sais-tu faire ?

— Je sais voler des voitures, des sacs, des bagages, parfois je revends de la marijuana ou de la coke, sans y toucher et…

— Silence maintenant, tu me saoules à parler si vite !

— … Et aussi je connais le maniement des armes. Les… »

Nick n’eut pas le temps de continuer, le gros lui asséna un coup de poing dans le ventre. Il s’effondra. Celui qui était le chef hocha la tête de haut en bas. Chacun des individus présents dans la pièce s’acharna sur Nick, à coups de pieds, de poings, de genoux, dans un beuglement et dans un brouhaha général. Le malheureux se plia en protégeant ses côtes, son visage et son abdomen et attendit dans la douleur que le supplice se terminât.

Il finit deux minutes plus tard.

Le chef de la bande s’adressa à un Maguès apeuré et lui lança en ricanant :

« S’il est toujours en vie, amène-le-moi, je l’embauche. »

 

À l’évocation de ce passé peu glorieux, les côtes de Nick redevinrent douloureuses. Il se rappela qu’il conduisait sa voiture et qu’il retournait à Mexico après avoir frôlé la mort, victime d’un sac piégé dans une ferme inconnue. Il quitta ses souvenirs, se frotta la nuque et mit la radio. Celle-ci n’offrait rien d’original. Il éteignit le poste et reprit le fil de ses pensées. Il replongea dans la suite de sa première rencontre avec l’Alliance Hadès

Maintenant, Maguès secouait Nick.

« Alors Nick, qu’en penses-tu ? Pas des tendres, hein ?

— Attends que j’aille mieux ! As-tu vu où tu m’as amené ? J’ai failli y rester ! »

Le visage de Nick ne ressemblait plus qu’à un amas de chairs sanguinolentes et ce dernier ne pouvait bouger son corps meurtri qu’au prix de mouvements douloureux.

« Le jeu en valait la chandelle, tu fais maintenant partie de l’Alliance Hadès, tout comme moi.

— L’alliance quoi ? Je pensais que j’allais être employé pour mes capacités, pas pour mes idées politiques ou religieuses, ou je ne sais quoi ! grogna Nick en épongeant le sang de son nez et de son front.

L’Alliance Hadès, que l’on appelle entre nous l’Alliance tout court, n’est pas un groupe religieux, ni politique, quoiqu’elle prône et véhicule quelques idées, cependant celles-ci tu peux les oublier.

— Mouais… et qui me dit que je ne cours plus aucun risque ? T’as vu le grand ? Il m’a donné un coup dans le ventre, c’est un taré, ce mec ! Et je ne te parle pas des autres barbares ! C’est donc ça… ce tatouage bizarre sur l’avant-bras du gros balaize ? Un cercle, la lettre H de Hadès dans le cercle en bas… une lettre A au-dessus, le A de alliance sans doute, comme le toit d’une pagode et un singe accroché à la barre du H, une jambe arrière minuscule, estro… comment dit-on ? Estropiée… oui, c’est le mot… très étrange, jamais rien vu de semblable. Un singe à la guibole ESTROPIÉE… sur un tatouage, surprenant de précision.

 

— Le grand, c’est le chef, il s’appelle Valdès. Carlos Valdès. Il faut t’en méfier, c’est un vicelard de premier ordre. Eh oui, c’est le tatouage de l’Alliance Hadès que tu as vu de près ! Pourquoi un macaque tordu ? Aucune idée !

— Carlos Valdès ! Je connais trop ce nom ! C’était il y a longtemps… les parents de ce type étaient les amis de ma mère… ils l’aidaient alors qu’elle était seule, abandonnée… Tous les deux, nous nous amusions ensemble. Un gros dégueulasse, à l’époque… Je ne l’ai pas reconnu… Il était dans le noir… L’enflure, lui devait se rappeler qui j’étais… il s’en est donné à cœur joie… Mais, qu’est-ce que l’Alliance Hadès ? Que serai-je tenu de faire ?

— Tout d’abord, tes missions : je présume que tu vas devoir jouer au receveur d’impôts, celui qui récolte la moisson ! Ils rackettent certains paysans du coin ; ton but, si ceux-ci refusent de payer, sera de les sanctionner. Tu vois ? Quelques pains d’explosifs contre des épis de maïs, l’égalité parfaite ! »

Il éclata de rire puis continua son explication :

« Sinon, pour en revenir à ton autre question, qu’est-ce que l’Alliance Hadès ? Hadès, comme tu l’ignores, est le dieu de la mort et le maître des enfers chez les Grecs. On lui prête un autre nom chez les Romains, plus connu, celui de Pluton. Je te laisse deviner maintenant pourquoi ils ont choisi ce dieu grec de la mort. Le groupuscule sème la terreur lorsqu’il le décide et où il le veut. Quelles sont les convictions politiques ou religieuses de l’Alliance Hadès ? Je crois savoir que ce n’est pas un groupe d’extrême gauche, mais plutôt de solutions et de recours extrêmes. Il se sert de son appellation pour terroriser ses ennemis, pour protéger ses membres aussi. N’oublie pas que dorénavant tu en fais partie et donc, en tant que membre reconnu tu as droit à une protection. Sauf si tu les trahis, auquel cas tu es un homme mort. T’as bien tout capté ? »

 

Nick revint au présent et, tout en conduisant, il prononça à haute voix la phrase de Manuel :

« Sauf si tu les trahis, auquel cas tu es un homme mort ».

Nick eut froid dans le dos. Il tenta à nouveau d’appeler son demi-frère au téléphone, en vain. Il augmenta sa vitesse malgré les méandres de la route et arriva enfin à Puebla, grande métropole située en pleine montagne, à cent dix kilomètres de Mexico qu’il ne rejoindrait que le lendemain. Il roulait depuis déjà trois heures…

 

Trois volcans, le Popocatépetl, l'Ixtaccihuatl et la Malinche cernaient Puebla, ville d’altitude. Forte d’un million d’habitants, voire plus, elle n’en restait pas moins une perle dans ce Mexique pauvre, un joyau que l’on nommait la « Rome du Mexique ». Le pape Jean-Paul II s’y était arrêté, ce qui suffisait à lui donner une dimension supérieure. Nick ne s’y trouvait pas par amour du tourisme. Il venait de rouler plusieurs heures sur une mauvaise route de montagne. Exténué par tant d’efforts et de tension, il se sentait très déçu de ne pas avoir réussi à joindre Pablo au téléphone. Il décida de s’offrir une nuit de sommeil réparateur dans un bon lit. Il se lança à la conquête d’une chambre d’hôtel et prévit que s’il ne trouvait pas son bonheur, il dormirait dans son pick-up, ainsi qu’il lui arrivait parfois de s’accommoder.

Nick modéra son allure et arpenta les rues étroites de Puebla, cherchant l’enseigne accueillante, tout au moins celle qui, éclairée, lui donnerait l’espoir de draps moelleux. Il décida de ne pas exiger trop de confort, car il y avait urgence.

 

L’automobile qui le suivait depuis quelque temps ralentit aussi. Il regarda dans son rétroviseur, mais ne vit que le pare-brise sombre de l’intruse sur lequel se reflétaient les façades des immeubles. Il s’agissait d’un 4x4 Chevrolet rouge très répandu au Mexique. Cette voiture le suivait, cependant Nick ne put préciser depuis quand. Au volant devait se trouvait vraisemblablement un agent de l’Alliance envoyé en reconnaissance ; qui d’autre aurait su qu’il se dirigeait vers Mexico-City ?

Nick en déduisit qu’il ne risquait rien cette nuit.

« Trop tôt, pensa-t-il, ils doivent se demander ce qui s’est passé. »

Il bâilla et s’étira. Il subissait les événements, était abattu et à bout de force. Il réussit à lire la plaque d’immatriculation de la voiture inconnue au hasard d’un carrefour éclairé. Il mémorisa ce numéro.

Il passa enfin dans une rue proche du quartier financier. L’hôtel Best Western Real de Puebla laissait échapper une lueur blanchâtre par sa large devanture vitrée. Nick se gara à côté de l’imposant escalier. Il attrapa le sac d’explosifs, franchit la porte tournante de l’établissement dans un bruit sourd, héla le réceptionniste endormi, exigea une chambre simple et paya les six cent quarante pesos au type qui ne lui posa pas de question. Cela lui avait pris moins de trois minutes. L’employé, somnolent, n’avait même pas réclamé ses papiers d’identité. Nick se dirigea vers ce qui allait devenir « sa chambre » pour une nuit. Une nuit tranquille. Une nuit de repos avant de commencer sa quête.

 

 



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